• Le frituriste
Le frituriste

Le frituriste

Étuve vient de perdre Marin, son compagnon, lors d'un accident de la route. Pour surmonter son chagrin, il décide d'ache ter une friterie. ! Une excellente affaire ", lui a assuré le notaire. Sauf qu'elle est en piteux état, sa friterie ; qu'il n'y connaît rien en sauces et pommes de terre ; et que sa peine est tenace ! Les débuts sont laborieux. Au coeur de ce marasme, des personnages bien déjantés vont l'aider à faire de sa friterie un haut lieu de la gastronomie... Le frituriste, ce sont des personnages pittoresques, des situations insolites, une ambiance forte - qui passe de la déprime profonde à l'humour débridé - le tout porté par une écriture qui surprend par sa liberté, sa musique, son inventivité, mêlant réalisme - l'auteur s'est bien documenté - et fantaisie. Belge ? Non peut-être ! Joël Lapière est l'auteur de nouvelles (dont la plupart sont primées) et de livres pour enfants. Le frituriste, son premier roman, a éclos au cours d'un atelier d'écriture animé par Eva Kavian. Extrait du livre : Elle est surtout une bénédiction, je lui dois la vie. Première sur le lieu de l'accident, elle a tout fait pour nous sauver, Marin et moi. Elle se plaît à dire qu'elle n'était pas là par hasard, mais par la volonté farouche qu'elle avait de me rencontrer. J'avoue avoir du mal à y croire, et encore plus à y comprendre quelque chose. Quoi qu'il en soit, Adèle a déboulé dans mon histoire et semble ne plus vouloir la quitter. J'ai le souvenir de son passage à l'hôpital, de son attachement dans tous ses gestes, dans toutes les phrases qu'elle prononce avec un sourire heureux. L'habit qu'elle porte rejaillit sans doute sur une tranche de mon bonheur qui lutte pour ne pas disparaître. Adèle semble refléter mon propre espoir. Mais je sais qu'elle se trompe, j'engouffre mon existence dans une ombre qui n'est plus mienne. Elle me regarde toujours. Passe une fine main dans ses cheveux lisses, noirs et courts. Je lui demande sur un ton absent comment elle a appris que j'avais acheté une friterie. Les voies du Seigneur sont impénétrables, mon petit. Je souris. Je suis tout sauf petit. Tu comptes vraiment vivre dans cette friterie ? Oui. C'est assez sale... Oui. Même très. Oui. Et tu comptes vraiment ouvrir ? Oui. Je me lève. Adèle aussi. Elle m'arrive en dessous du menton. Je sais qu'elle va partir demain, pour plusieurs semaines. Mon saint-bernard reprend la route. Je lève les bras et ouvre les mains, je vais apprendre à marcher sans garde-fou. Elle se dirige vers la porte. Tu ouvres quand ? Demain. Ma poitrine se serre d'un coup sec. Les deux mains accrochées au comptoir, j'essaye de recomposer ma vie. Je suis prêt ! Je peux faire bonne figure en préparant des frites sans en répandre partout. Je scrute la rue. Une voiture bruyante, pack sport et jantes alu, crisse et dépose une famille. Le couple et les deux enfants pénètrent bruyamment : - Kevin, arrête ou je t'en fous une ! M'énerve pas, Cynthia, va chez ta mère. Bon Dieu, Yolande, dis à tes gosses de rester tranquilles. Voir la suite

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