• Politique de la littérature
Politique de la littérature

Politique de la littérature

La politique de la littérature n'est pas celle des écrivains et de leurs engagements. Elle ne concerne pas non plus la m anière dont ils représentent les structures sociales ou les luttes politiques. L'expression «politique de la littérature» suppose un lien spécifique entre la politique comme forme de la pratique collective et la littérature comme régime historiquement déterminé de l'art d'écrire. Ce livre s'attache à montrer comment la révolution littéraire bouleverse de fait l'ordre sensible qui soutenait les hiérarchies traditionnelles, mais aussi pourquoi l'égalité littéraire déjoue toute volonté de mettre la littérature au service de la politique ou à sa place. Il met ses hypothèses à l'épreuve sur quelques écrivains : Flaubert, Tolstoï, Mallarmé, Brecht, Borges, et quelques autres. Il en montre aussi les conséquences pour l'interprétation psychanalytique, la narration historique, ou la conceptualisation philosophique. Extrait du livre : Le malentendu littéraire La littérature aurait-elle un rapport particulier avec la forme du malentendu ? C'est en tout cas ce que suggère l'examen de l'article «malentendu» du Trésor de la langue française. Il le suggère à travers l'écart même entre les définitions qu'il donne du terme et les références littéraires censées les illustrer. L'article définit deux sens du terme : «divergence d'interpré­tation sur la signification de propos ou d'actes entraînant un dé­saccord» ; «désaccord entraîné par une telle divergence». Les définitions sont claires et font écho à un univers d'expérience fami­lier où le malentendu est pensé comme une affaire d'interprétation erronée qui se laisse assez aisément ramener à quelque ambivalence des signes à interpréter. «Ce n'est, dit-on, qu'un malentendu.» Le malentendu ainsi compris apparaît comme la forme la plus bénigne de la difficulté de comprendre et de se comprendre. Celle-ci tient, pense-t-on souvent, à l'absence d'un répertoire exact des signes et de leurs significations. On se plaît alors à rêver à la communication sans malentendu qui résulterait d'une langue définissant sans équivoque ce dont elle parle. On se plaît aussi à soupçonner que des esprits malins entravent l'exercice de cette langue et font commerce du malentendu : ainsi les trompeurs en tout genre, experts dans le maniement des paroles et attitudes à double sens qui font entendre le contraire de ce qu'il faudrait entendre ; mais aussi ceux qui font profession d'une parole dont la valeur même tient à son inaccessibilité : ceux qui emploient des mots obscurs pour cacher qu'ils disent des banalités et rétorquent qu'il y a malentendu lorsqu'on s'imagine avoir compris ce qu'ils disent, à savoir précisément des banalités. Voir la suite

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  • Galilee

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