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Le déjeuner de Giverny

Le déjeuner de Giverny

Le Déjeuner de Giverny Gérard Poteau 14 novembre 1920, le peintre Claude Monet s'apprête à fêter ses 80 ans, chez lui à Giverny, entouré de ses proches. Pendant les quelques heures qui vont précéder son déjeuner d'anniversaire, il parcourt avec émotion les différents chapitres de sa vie. Il revit ses longues années de lutte avec Camille, sa première femme, et ses années de bonheur avec Alice et les enfants dans la grande maison rose. Il se souvient aussi des amis disparus : Boudin, Manet, Renoir, Rodin et tous les autres. Seul demeure près de lui, solide comme un roc, le fidèle Clemenceau, toujours prêt à le soutenir. Au moment où l'on commémore les 80 ans de sa mort, Le Déjeuner de Giverny donne à voir le peintre sous un éclairage intime inédit, et c'est par petites touches impressionnistes que l'auteur nous invite à (redécouvrir le père des Nymphéas, en feuilletant avec lui l'album de ses souvenirs. Après avoir écrit pour la scène et l'écran, Gérard Poteau a entrepris un cycle de récits biographiques avec Le Fou d'Assise, publié en 2004 aux éditions Hors Commerce, qui se poursuit avec Le Déjeuner de Giverny. Extrait du livre : LES AMIS À l'occasion de son anniversaire, Claude Monet a invité une poignée d'amis dont l'affection et l'estime sont chers à son vieux coeur. Parmi eux figure son al ter ego, Georges Clemenceau. Ce dernier s'est retiré, depuis peu, dans sa tanière vendéenne posée comme un béret sur le haut d'une dune, entre le ciel et l'eau, lorgnant sur l'océan. Hélas ! aujourd'hui, il va briller par son absence car il est en voyage bien au-delà des mers, quelque part en Asie, entre l'empire des Indes et la Malaisie, pour y chasser le tigre. Machinalement, Monet feuillette de nouveau l'album souvenir dans lequel, au fil du temps, il a collecté des clichés d'êtres aimés, aux doux reflets sépia. Parmi ces anciennes photos figurent quelques menus de fêtes; rédigés à la plume par Alice, autrefois. Une ou deux fleurs séchées, témoignage d'un bel amour éteint. Soudain, son pauvre regard usé se pose sur un portrait du Tigre, fixé par Nadar en 1906, lors de son accession à la responsabilité suprême de président du Conseil, à l'âge de soixante-cinq ans. Silhouette ô combien familière, au visage volontaire avec sa moustache de griffon renfrogné ! Il se remémore leur première rencontre au Quartier latin. Clemenceau venait tout juste de sortir de la prison de Mazas où il avait été incarcéré pour agitation républicaine. Ils avaient été tout de suite en sympathie. Par l'entremise d'amis communs, le docteur Dubois et Antoine Lafont, futur député de Paris, ils se croisaient, de temps à autre, à La Brasserie des Martyrs, point de rencontre favori des chevaliers errants de la plume et du pinceau où l'art et la philosophie, voire la politique trouvaient un asile sous le Second Empire. Cet endroit me fit d'ailleurs perdre beaucoup de temps et me fit le plus grand mal ! C'est à cette époque qu'il fit également la connaissance d'Emile Zola qui collaborait au journal Le Travail, fondé par Clemenceau, et dont la parution avait été rapidement interdite par la censure impériale. Voir la suite

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