• Maurice denis
Maurice denis

Maurice denis

Moins connu que ses amis Bonnard, Vuillard ou Vallotton, Maurice Denis est pourtant l'un des acteurs majeurs du mouvemen t Nabi, dont il est par ailleurs le théoricien. On lui doit la formule fameuse : «Se rappeler qu'un tableau - avant d'être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote - est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.» Il est alors, avec ses amis Nabis, dans le grand courant de la peinture symboliste dont il convenait de souligner l'extraordinaire diversité de ton et la place prépondérante qu'y tient la femme «ange ou démon», mais, pour Maurice Denis, une constante de la félicité intime et sanctifiée par l'amour. S'il fut à ses débuts, comme ses amis et compagnons de l'Académie Ranson, un héritier de Gauguin, il va peu à peu s'orienter vers une peinture plus classique à contenu religieux. Au point de créer, dans les années 1920, un atelier d'art chrétien et d'entreprendre des chantiers de décoration d'églises, qui vont largement contribuer à l'éloigner des courants artistiques allant dans le sens de l'Histoire et, à l'égard du regard du public, le marginaliser. Il convenait de remettre Maurice Denis en situation vis- à -vis de l'art de son temps et par rapport à ses grands contemporains. Une large place est faite à l'aventure Nabi qui reste exemplaire et à laquelle Jean-Jacques Lévêque apporte une contribution inspirée, mais il tente, dans cet ouvrage, de restituer Maurice Denis par rapport à l'art figuratif tel qu'il s'est pratiqué dans l'entre-deux-guerres. Il y tient une place essentielle et, aujourd'hui, on l'y voit dans la singularité de son inspiration religieuse, qui permet de mieux reconsidérer l'ensemble de sa démarche et d'y voir une grande continuité d'esprit, sinon de formulation. Il se voulait, il fut, il reste exemplaire, le peintre de l'âme. Voir la suite

  • 2867701813

  • A.c.r.

  • Pochecouleur, numéro 41

  • Pochecouleur, numéro 41