• Ecrits sur l art 1867 1905
Ecrits sur l art 1867 1905

Ecrits sur l art 1867 1905

«Jamais on a si bien, si hautement écrit sur les artistes modernes.» CLAUDE MONET «Le seul causeur d'art qui puisse fair e lire de la première à la dernière page des Salons d'antan, plus neufs que ceux du jour.» STÉPHANE MALLARMÉ «Ses livres de critique sont, pour leur sûreté de verdict et leur ferme exécution, les seuls qui aient été faits sur l'art moderne.» FÉLIX FÉNÉON CETTE ÉDITION RASSEMBLE POUR LA PREMIÈRE FOIS l'ensemble des écrits sur l'art que Huysmans publia entre 1867 et 1905, dont 40 textes jusqu'alors inédits en volume. Découvreur de l'Impressionnisme et révélateur de nombreux talents, Huysmans contribua, par sa critique d'art, à l'évolution des idées esthétiques au tournant des XIXe et XXe siècles et à l'émergence de la peinture moderne. Le premier, il a su percevoir l'avenir du courant impressionniste, apprécier ses couleurs vivres et saisir le rôle nouveau conféré à la lumière, comprendre enfin la révolution qui s'opérait brutalement dans la peinture. De l'art flamand et hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles (Bosch, Brueghel, Van Dyck, Hals, Rembrandt...) à l'Impressionnisme (Monet, Manet, Degas, Pissarro, Caillebotte, Gauguin, Cézanne, Seurat...), puis du Symbolisme (Whistler, Moreau, Redon, Rops...) à la redécouverte des artistes primitifs (Grünewald, Van der Weyden...), la critique d'art de Huysmans est une promenade à travers les plus riches heures de l'Histoire de l'art. Peintre du langage, Huysmans pulvérise la pensée au delà de toute notion de genre. À la frontière de la critique d'art et de la littérature, ses écrits esthétiques prennent place aux côtés de ceux de Diderot, Stendhal ou Baudelaire et constituent le témoignage singulier d'un esthète du XIXe siècle sur la peinture, en même temps qu'une invitation à relire son oeuvre de romancier à la lumière de sa conception picturale personnelle, à la fois moderne et hors du temps. Huysmans (1848-1907) proche de Zola et du naturalisme à ses débuts accède à la notoriété avec A rebours en 1884. Il connaît un renouveau aujourd'hui. De nombreux travaux en préparation doivent saluer le centenaire de sa mort. Patrice Locmant a préfacé plusieurs livres de Huysmans: Le Drageoir aux épices (2003), Les Églises de Paris et A Paris (2005). Extrait du livre : Extrait de la préface de Patrice Locmant : Dans ses écrits sur l'art comme dans ses romans d'ailleurs, Huysmans semble s'être donné pour principe de ne prendre la parole que pour élever le débat, pour donner le contre-temps à toutes les idées reçues et à tous les jugements arrêtés, en prenant sans cesse position à rebours de l'opinion publique et des traditions académiques. Émile Zola s'était fait, en littérature, le porte-voix des questions sociales et politiques de son siècle; Huysmans, tout détaché qu'il était des affaires de son temps et considérant, en esthète accompli, l'Art comme la valeur suprême, se fit en ce domaine le représentant des idées nouvelles, le défenseur acharné de toutes les audaces. Découvreur et premier défenseur de l'Impressionnisme, il mena son combat avec une indépendance intellectuelle peu commune. À une époque où le public se rendait chaque année en masse au Salon de peinture pour admirer les derniers Cabanel, les nouveaux Gérôme, les récents Fantin-Latour, ou les ultimes Carolus-Duran - tous des figures tutélaires de l'inébranlable et condescendante École des Beaux-arts - Huysmans, lui, prenait la défense d'un jeune artiste dont le jury du Salon venait de refuser, en 1877, un tableau intitulé Nana et qui avait pour nom Édouard Manet. La postérité lui donna semble-t-il raison, puisque nombre de peintres ayant reçu cette année-là leur billet d'entrée au Salon ont bel et bien versé dans l'oubli, alors que l'on célèbre aujourd'hui encore le génie du père de la peinture moderne. L'année suivante, il prend la défense d'Henri Gervex, un quasi-inconnu, dont il ose comparer le tableau, Rolla, également relayé par le jury des sages au Salon des refusés, à un poème «du grand et divin poète, Charles Baudelaire» ! Huysmans fut un découvreur de talents inouï. Avant les autres, il discerne en la personne d'Edgar Degas le peintre «le plus personnel, le plus térébrant de tous ceux que possède, sans même le soupçonner, ce malheureux pays5». De 1877 à 1890, Huysmans mena un combat acharné, bravant l'ordre des académies et éreintant les gloires en place, pour défendre avec une loyauté intransigeante et un regard indépendant ces artistes qui s'étaient eux-mêmes un temps baptisés du nom de peintres «Indépendants» ou «Intransigeants», avant que l'histoire ne les retienne sous la dénomination d'Impressionnistes. Voir la suite

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