• Vie et mort de Samuel Rozowski
Vie et mort de Samuel Rozowski

Vie et mort de Samuel Rozowski

Un avion délabré à destination de Riga, capitale de la Lettonie, au milieu des années 90. À son bord, une jeune femme pa rtie rejoindre l'homme qu'elle aime, un chef d'orchestre en tournée. Au fil des heures de vol, la jeune femme se remémore son adolescence rebelle à Lyon, ses rêves d'amour qui lui brûlaient les ailes et surtout son combat en faveur de Samuel Rozowski, jeune Juif condamné pour meurtre. Dans l'atmosphère mafieuse et crépusculaire de la ville lettonne, à mesure qu'elle enquête sur les lieux où plane le souvenir de l'extermination des Juifs, la narratrice revit plus intensément encore le souvenir de Rozowski, de ses parents héros de la résistance juive pendant la guerre et de sa dérive à lui, héritier de l'Holocauste devenu gangster pour venger son peuple. Inspiré d'une des figures les plus controversées de la gauche révolutionnaire des années 60, ce roman allie tendresse et tragique dans une bouleversante quête de mémoire. Myriam Anissimov est née en 1943 dans un camp de réfugiés en Suisse. Elle est l'auteur de plusieurs romans dont Continent va Rachel ? (1973), La Soie et les cendres (1989), Sa Majesté la mort (1999, prix Jean Freustié 2000). Mais aussi de la biographie de Primo Levi (1996, prix Wizo) et de celle de Romain Gary, Romain Gary, le caméléon (Denoël, 2003). Extrait du livre : Ainsi, je croyais avoir enfoui le chaos de mon oisive jeunesse dans le gouffre des souvenirs censurés et dangereux. À part la déplaisante preuve de mon pouce tuméfié (j'avais commencé à le martyriser dans ma quatrième année), je croyais le passé ténébreux bien colmaté ; il y allait de ma survie. Il n'en était rien. Tandis que l'avion roulait lentement sur la piste, j'aperçus des groupes de lapins fauves ou noirs, au petit derrière blanc, affairés et indifférents au vrombissement des moteurs. En cherchant à m'évader de la peur du décollage, il m'était revenu à l'esprit que Riga était une ville hanséatique, parce que j'avais appris un peu d'allemand pendant mes années d'école ; elles avaient été un supplice pour l'adolescente difficile à cadrer que j'étais. Je dis bien cadrer car, tel un taureau attendant l'estocade, je n'ignorais pas que mes innombrables manquements à la discipline, mon insolence et ma paresse me vaudraient tôt ou tard l'exclusion du lycée. Ma mère avait in extremis réussi à me faire admettre dans un autre établissement, le proviseur l'ayant miraculeusement reconnue comme une ancienne élève modèle, en Lorraine, avant la Seconde Guerre mondiale. J'étais ainsi entrée par la porte latérale en milieu d'année et avais été sèchement invitée à ne pas me faire remarquer. Dès les premiers jours, je n'avais rien trouvé de mieux que d'exhiber sur ma table ma carte de membre des Jeunesses communistes, où je n'avais jamais mis les pieds et où je n'irais naturellement jamais. Voir la suite

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