• Bibliographia Serliana
Bibliographia Serliana

Bibliographia Serliana

En 1537, à Venise, Sebastiano Serlio (ca 1480-ca 1555) expose dans l'avis au lecteur de son Livre IV sur les cinq ordres - la première partie publiée de son traité d'architecture - le plan parfaitement pensé des sept livres qui doivent composer son oeuvre. Dès lors, ce sera le véritable grand projet du reste de sa vie, et il mettra toute son énergie à le réaliser suivant son idée initiale, malgré des difficultés de toutes sortes. Magali Vène expose en bon ordre et avec concision dans l'introduction à sa Bibliographia serliana les différentes étapes de la mise en oeuvre de ce vaste ensemble et retrace l'histoire éditoriale du traité jusqu'au XVIIe siècle, proposant ainsi une synthèse clarificatrice et bienvenue. Vient ensuite le catalogue détaillé des soixante-sept éditions du traité de Serlio, publiées entre 1537 et 1681, qui met en évidence les familles d'éditions et de traductions du texte, ainsi que les séries successives d'illustrations. Extrait du livre : Le traité de Serlio, réduit à travers les multiples rééditions à l'état de «manuel» aux gravures fatiguées, fut longtemps oublié et son importance sous-estimée. Pour qu'on le juge à sa juste mesure, il fallut attendre la résurrection de la figure de Serlio, architecte et théoricien, grâce à Dinsmoor en 1940 dans son essai The Literary Remains of Sebastiano Serlio. Depuis, les recherches autour de Serlio se sont beaucoup développées et sont allées bien au-delà de ces «vestiges littéraires» pour envisager Serlio dans toute sa complexité et sous toutes ses facettes. Ce sont néanmoins les éditions des Livres de son traité, présentées ici dans l'ordre chronologique, qui reste à la base de la compréhension de Sebastiano Serlio. Dans son introduction, Magali Vène expose en bon ordre et avec concision les différentes étapes de la mise en oeuvre du vaste plan de Serlio et retrace l'histoire éditoriale du traité, de la première édition du Livre IV en italien à Venise en 1537 à la dernière édition de l'âge moderne, en allemand, à Nödlingen en 1681, sorte de pot-pourri difficilement reconnaissable. Elle opère ainsi une synthèse clarificatrice et bienvenue. Elle élabore ensuite un corpus des éditions du traité de Serlio, de 1537 à 1681, en mettant l'accent sur les familles d'éditions et de traductions du texte, ainsi que sur les copies de gravures et d'encadrements, pendant ces cent quarante-quatre ans d'intense activité éditoriale. Ce travail entre ainsi dans la grande tradition de l'histoire du livre où Lyon s'est illustrée dès le XVIe siècle. Lyon est fréquentée, on le sait, par les plus célèbres bibliophiles, en 1535 Fernando Colon, fils de Christophe Colomb et fondateur de la Biblioteca Colombina à Séville, et en 1540 Konrad Gesner qui publiera dans ses Pandectarum (Zurich, Froschauer, 1548) le catalogue des éditions de l'illustre imprimeur-libraire lyonnais Sébastien Gryphe. À l'exemple de la Libraria d'Anton Francesco Doni (Venise, Gabriel Giolito de Ferrari, 1550), Antoine Du Verdier publie la description de sa propre Bibliothèque (Lyon, Barthélémy Honorât, 1585). Au XVIIIe siècle, c'est au tour de Claude-François Menestrier de composer sa Bibliothèque curieuse et instructive (Trévoux, Estienne Ganeau, 1704). Enfin, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Henri et Jules Baudrier élaborent la monumentale Bibliographie lyonnaise (Lyon, Bruckmann et Brun, et Paris, Picard et Fils, 1895-1921). Extrait de l'avant-propos de Sylvie Deswarte-Rosa Voir la suite

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