• La guerre des cocus
La guerre des cocus

La guerre des cocus

Durant la Grande Guerre, le lieutenant Alexandre Pagès, un Français d'origine roussillonnaise, mobilisé en 1914, est gri èvement blessé. Le jeune nord catalan est alors contacté par les services spéciaux qui l'envoient au consulat général de France de Barcelone avec une mission secrète : recruter des jeunes patriotes catalans pour qu'ils s'engagent dans la Légion étrangère en leur promettant qu'une fois la guerre finie, la Catalogne pourrait devenir un pays indépendant. Joan Daniel Bezsonoff nous plonge avec une précision à la fois cynique et lyrique dans la Barcelone de 1915, une ville pleine d'expectatives et de fièvre, pour nous raconter la triste histoire des Catalans qui ont perdu la Première Guerre mondiale. De La guerra dels cornuts la critique a dit : «Bezsonoff écrit avec une élégance particulière. Sa prose, pleine d'influences françaises, est efficace et brillante, ses dialogues éblouissants» Jordi Punti, El País. «Son catalan ne ressemble à celui d'aucun autre écrivain. Il a la subtilité d'un Josep Sebastià Pons et la saveur du langage populaire, direct et scatologique.» Julià Guillamon, La Vanguardia. Extrait du livre: Je restai un jour à Paris. La ville avait beaucoup changé. Elle avait perdu sa joie de vivre et avait gagné une gravité qui lui allait bien. Un peu comme une demoiselle qui vient de perdre son frère ou son père à la guerre et s'efforce de sourire par patriotisme. Les belles dames des Champs-Élysées, les rois de la couture, les petites princesses de la nuit n'avaient pas non plus capitulé. Il fallait que les soldats en permission reconnussent la capitale. Cependant, il n'y avait pas autant d'animation qu'autrefois. On avait réquisitionné les autobus. Les tondeurs de chiens sur les quais avaient disparu ainsi que les boîtes vertes des bouquinistes sur les bords de la Seine, les orgues de Barbarie, les vendeurs de marrons chauds, les ânons et les petits chevaux des parcs, les charmeurs d'oiseaux aux Tuileries. Lorsque j'arrivai à l'Office de Propagande, une sentinelle me salua et m'orienta jusqu'au bureau de M. Étienne Fournol. J'appris plus tard que c'était un intime de M. Delcassé et l'ancien député de l'Aveyron. Je me présentai réglementairement à M. Fournol. Un quinquagénaire, à la fine moustache, aux cheveux châtain, aux traits réguliers et aux yeux noirs vides. Voir la suite

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  • Balzac Editeur

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